Une création artistique engagée accueillie au Palais des Congrès d’Arles
Peut-on débattre d’un sujet scientifique et environnemental à travers une pièce de théâtre ? C’est le pari relevé fin 2025 au Palais des Congrès d’Arles avec « Le (faux) Procès du Sel », un spectacle enquête mêlant fiction et dialogue citoyen autour de la salinisation des terres en Camargue.
Imaginée par Bipolar Production, une agence artistique et culturelle engagée, cette création s’inscrit dans un projet de recherche piloté par l’écologue Raphaël Mathevet, président du conseil scientifique du Parc naturel régional de Camargue. L’objectif : ouvrir un espace de dialogue public sur un phénomène qui transforme progressivement les paysages et les activités du territoire.
Entre fiction et réalité, la pièce donne la parole à celles et ceux qui vivent la Camargue – habitants, agriculteurs, pêcheurs, chasseurs ou scientifiques – et invite le public à réfléchir collectivement à l’avenir de ce territoire en mutation.
Si la structure organise habituellement ses projets dans les milieux naturels (au bord d’une rivière, dans un parc naturel…) pour reconnecter les citoyens aux territoires, cette fois-ci, le choix du Palais des Congrès d’Arles s’est
imposé naturellement. Les équipes avaient déjà découvert le lieu lors d’un grand débat citoyen et avaient immédiatement perçu son potentiel.
« Les habitants connaissent ce lieu, savent l’identifier comme un espace de débat et de rencontre, et surtout l’emplacement est très central pour rassembler toutes les personnes concernées par les enjeux de la Camargue. », explique Mathieu Argaud co-fondateur de Bipolar Production.
Le pari s’est révélé gagnant. Plus de 400 personnes ont assisté à la représentation, une salle comble, et les échanges se sont poursuivis bien après le spectacle, preuve de l’intérêt suscité par cette expérience théâtrale et citoyenne singulière, qui a été largement relayée dans la presse.
Au-delà de sa capacité d’accueil, le Palais des Congrès d’Arles s’est révélé être un véritable outil de production pour ce projet culturel. Répétitions sur place, rencontres préparatoires avec les techniciens, accompagnement logistique et services pratiques – comme la restauration sur place – ont permis aux équipes artistiques de préparer sereinement l’événement.
« Nous avons été particulièrement sensibles à l’attention des équipes et à leur efficacité. On sent une vraie habitude de se mettre au service des organisateurs, avec un accompagnement sur-mesure qui nous a beaucoup aidés dans la préparation. », souligne Mathieu Argaud.
Pour conclure, Mathieu Argaud précise que les retombées de ce projet sont en cours d’évaluation : les scientifiques associés interrogent les participants sur leur perception des enjeux environnementaux du territoire.